AMOUR ET CONSÉQUENCES - Éditorial du dimanche 26 mai 2019 - 6ème Dimanche de Pâques - Année C

dimanche 26 mai 2019.

Une puissance qui ne se met pas au service d’autrui devient destructrice. L’amour même se dénature, voire se retourne en haine ou désespoir. La passion consume celui qui brûle si son feu ne trouve à s’offrir au-dehors. L’effet de l’éros est dévastateur tant qu’il ne s’inscrit dans une relation durable et féconde ; mais alors il devient une prodigieuse dynamique de construction : le couple grandit et se déploie, la femme s’accomplit de devenir mère et l’homme reçoit raison d’être de se donner comme époux et père. De même, c’est dans l’union généreuse à l’Église que le chrétien réalise son amour du Christ.

Aimer le Christ implique le goût et l’écoute assidue de sa parole en sorte qu’elle en vienne à demeurer comme chez elle au cœur du fidèle, devenant bientôt plus intime à lui-même que lui-même. À l’inverse, celui qui délaisse la Parole par paresse ou distraction peut bien prétendre qu’il aime Jésus, ce n’est qu’illusion, comme celle d’un époux qui se voudrait « croyant non pratiquant » de son mariage. La suffisance de l’infidèle met en fuite l’Esprit Saint qui comble de son feu l’amant de l’Écriture.

L’Esprit de vérité n’inspire pas les rêveries de spontanéité souveraine, d’imagination au pouvoir absolu, ou d’invention perpétuelle des valeurs dans le vent dont se bercent les contempteurs de l’institution. En revanche, selon la promesse du Seigneur, il ne cesse, depuis le temps des Apôtres, de guider, de purifier et de fortifier son Église ardente à vivre de la Parole pour l’annoncer au monde qui la désire en secret. Elle seule peut lui donner la Paix à laquelle il aspire en gémissant. Cette paix qui leur vient d’être aimés de Dieu est aussi un signe distinctif des disciples de Jésus qu’il comble de foi et d’Esprit Saint.


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