LE SENS DU COURANT - Éditorial du dimanche 9 juin 2019 - Pentecôte - Année C

dimanche 9 juin 2019.

Résister aux dérives s’avère certes nécessaire aujourd’hui comme souvent : si l’Église ne s’oppose pas à certains projets qui invoquent un « progrès » supposé inexorable mais ne sont que des complaisances aux tendances les plus individualistes et irresponsables de notre temps, qui le fera ? Sur les sujets brûlant de l’heure au registre dit sociétal, nous prenons des positions « à contre-courant » et nous l’assumons résolument.

Il est en revanche un autre courant que nous devons suivre, c’est celui de l’Esprit répandu sur les Apôtres. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi. De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » Cette parole du Seigneur prononcée au dernier jour de la fête des Tentes nous est donnée à la messe de la veille de Pentecôte par l’évangéliste Jean qui précise : « Il parlait de l’Esprit Saint ».

Ainsi l’Esprit est un courant traversant les disciples : qui voudrait le garder pour lui l’empêcherait. Le Maître-canal est le Seigneur lui-même élevé dans la gloire du Père d’où le flot découle en abondance sur les croyants, appelés eux-mêmes à se faire canaux pour qu’il irrigue largement l’Église et, par elle, le monde entier que Dieu veut renouveler. C’est pourquoi chacun doit se tourner vers l’aval en source généreuse.

Croire ici implique aimer : aimer le Père de qui vient le Don, lui rendre grâce en aimant les frères qu’il nous donne dans le Fils. Tels sont les commandements que gardent les disciples. Sachons donc discerner le sens du courant : joyeux de nous y livrer si c’est celui qui vient de la Source, ardents à l’arrêter quand ce n’est qu’erreur qui nous en écarte, sans craindre l’adversité puisque le Défenseur est pour toujours avec nous.


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