TRAVERSER LES IMPASSES DE LA VIE - Éditorial du dimanche 10 novembre 2019 - Trente-deuxième dimanche - Année C

dimanche 10 novembre 2019.

« Là où il y a une volonté, il y a une voie » : ce vieil adage popularisé par l’usage qu’en fit Churchill en pleine tourmente semble mis en échec dans les textes d’aujourd’hui. Le cas d’école exposé par les sadducéens illustre la possibilité qu’en dépit de tous les efforts un chemin s’avère absolument bouché. Sept tentatives, autant dire une infinité, n’y font rien : toute descendance est refusée à ce frère aîné mort trop tôt, ainsi d’ailleurs qu’à ses frères entraînés dans l’aventure. Décidément cette lignée devait s’éteindre selon ce que Dieu avait décrété, faut-il penser.

Intentionnellement ou non, les adversaires de la résurrection évoquent ici le précédent des sept frères dont le livre des Martyrs d’Israël rapporte la fin terrible. Cette expérience est à la source de la foi juive en la résurrection : Dieu ne pourra manquer d’accorder à ces justes la vie qu’ils ont méritée. Mais les sadducéens, ne reconnaissant comme parole de Dieu que le Pentateuque, estimeront au contraire que leur sort signale une réprobation nécessairement divine, et donc forcément juste, en dépit de ce que les apparences donnent à penser.

La certitude que Dieu est fidèle n’est donc pas suffisante pour fonder la foi en la résurrection. Elle doit se compléter de la conviction que son amour a résolu de pardonner au pécheur au-delà de sept fois soixante-dix-sept fois, pourvu qu’il l’accepte. Seule la Pâque du Christ scelle cette espérance, avec sa Passion qui triomphe absolument du mal, et sa résurrection bienheureuse par laquelle il ouvre le premier la brèche traversant l’impasse absolue de la vie. « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4) : l’Écriture le dit et ne peut être abolie. Là où il y a cette Volonté, la voie sera libre et sûre pour quiconque ne refusera pas de la prendre.


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