NE SOYEZ PAS EFFONDRÉS - Éditorial du dimanche 17 novembre 2019 - Trente-troisième dimanche - Année C

dimanche 17 novembre 2019.

Les uns annoncent l’arrivée inéluctable du pire pour très bientôt, les autres haussent les épaules en déclarant que le monde en a vu bien d’autres et qu’il saura encore en sortir de quelque manière. Cet affrontement d‘humeurs me rappelle le passage de l’évangile, où le Seigneur compare « cette génération » à des gamins qui s’interpellent sur la place, les uns entonnant des chants de deuil tandis que d’autres jouent de la flûte. Où trouver aujourd’hui la sagesse reconnue juste en toutes ses voies, aussi bien chez le Baptiste, farouche au point de se faire taxer de possession démoniaque, que dans le Christ à la Bonne nouvelle, méprisé comme glouton et buveur ?

Luc est le plus modéré dans sa version de la « petite Apocalypse » que nous entendons aujourd’hui. Les trois évangiles synoptiques, en effet, rapportent le discours paradoxal de Jésus parvenu bientôt au terme tragique de sa trajectoire terrestre : il annonce à ses disciples des catastrophes et des persécutions, moyennant quoi il les rassure ! En somme, il nous indique ici la cohérence profonde de son propre ministère avec celui du Précurseur : certes, l’histoire du monde est celle d’un combat formidable du mal contre le bien, mais lui-même vient justement livrer la bataille décisive et remporter la victoire définitive.

C’est pour nous qu’il a combattu et vaincu. Mais ce n’est pas sans nous. Il a payé un prix effroyable, et beaucoup de ses disciples ont contribué ou contribuerons semblablement. Mais « il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens », c’est pourquoi « Dieu met une limite au mal », et cela d’autant plus efficacement que ses serviteurs collaborent à sa sainte volonté. C’est pourquoi il est inutile de se bercer d’illusions pour éviter de s’effondrer à la vue des malheurs qui viennent. Il vaut mieux les regarder en face, sachant qu’à supposer qu’ils soient certains, il dépend encore de nous qu’ils soient plus ou moins graves. Si nous persévérons dans la foi agissant par la charité inventive, nous verrons que l’espérance ne déçoit pas.


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